08 décembre 2006

L'héritage de Pierre le Grand

St-Petersbourg est certainement une des plus belles villes d'Europe... malgré le fait que les Russes contesteraient cette dernière affirmation en disant que la Russie ne fait pas partie de l'Europe, pas plus qu'elle ne fait partie de l'Asie. La Russie est à part, pas européenne, pas asiatique, simplement russe!

St-Petersbourg

Ceci dit, je vous annonce que l'alphabet cyrillique est en vigueur partout. Car pour ceux qui ne le savent pas, le russe ne s'écrit pas avec l'alphabet latin, mais avec l'alphabet cyrillique. Si vous voulez un aperçu, voici à quoi ressemble une enseigne trop connue en Amérique sous l'écriture de saint Cyrille...

McDo

Mis à part ce genre de repère, les noms de rues sont tous écrits en caractères cyrilliques. Heureusement, j'ai entrepris mon apprentissage du russe deux semaines avant mon entrée au pays de Putin (je ne fais pas référence au mets typiquement québécois, mais à l'homme d'Etat). J'ai donc tout le loisir de pratiquer la lecture de la langue de Tolstoï et Dostoïevski, deux de mes auteurs préférés.

Avant de vous décrire mon séjour dans la métropole russe, je vous dirai seulement que la ville a été fondée selon les désirs du tsar Pierre le Grand. Ce dernier a trouvé la grandeur dans les extrimités du spectre humain (bon et mauvais). Il a poussé nombre de travailleurs à bout de souffle, littéralement! Tout en projetant la Russie dans l'essor européen artistique et culturel. Mais, il n'avait pas l'âme d'un humanitaire. Il l'a entre autres prouvé en supervisant la torture de son fils! J'imagine que la DPJ* en ferait tout un cas!

*DPJ = direction de la protection de la jeunesse

Pierre le Grand

Ce brin d'histoire était commandité par l'Association des historiens russes contre la torture.

Je suis arrivé à St-Pet (je me sens déjà intime avec la grande ville, je me suis permis de lui donner un petit nom) après 8 heures de bus depuis Tallin. Mais, ça ne prend que peu de temps avant que je me retrouve dans un petit groupe formé d'un couple de Québécois (Jean-Simon et Gabrielle) et de deux Norvégiennes (Anita et Anette). Malgré la fatigue, je sors prendre une bière au Fish Fabric, me disant que je serai bientôt de retour pour joindre Morphée. Toutefois, la soirée prend une allure particulièrement plaisante et me voilà sous le charme de la Norvège! Je rentre à cinq heures du matin dans un état un peu plus que joyeux. Bienvenue à St-Petersbourg!

Une soirée à St-Petersbourg: JM, Jean-Simon, Gabrielle et Anita

Anette et son indispensable tapette à mouches!

Ma semaine commence sur un rythme de sommeil inversé. D'ailleurs, mon passage en Russie sera d'un repos confus, l'horaire de mon oreiller est chambardé.

Ça ne m'empêchera pas de découvrir les merveilles de St-Pet. Les deux spots à touristes qui m'ont le plus impressionné sont définitivement la cathédrale du Sang-Versé et l'Ermitage, palais d'une beauté magnifique contenant une des plus grandes et prestigieuses collections de peintures au monde. Parmi les noms connus figurent: Rembrandt, Picasso, Monet, Gauguin, Renoir et j'en passe. Je suis resté perplexe comme plusieurs, à me demander si les oeuvres d'art étaient plus impressionnantes que l'architecture du palais. (Suggestion: pour ceux qui désirent contempler la beauté de l'Ermitage, je vous recommande fortement L'arche russe, film mettant en valeur ledit palais).

C'est ici que le tsar reçoit

La beauté de l'Hermittage

Je me permets de revenir sur la cathédrale du Sang-Versé. Si mon intérêt pour les églises avait diminué au point de les bouder en Occident, les cathédrales orthodoxes ont eu de quoi raviver l'architecte en moi! Celle de St-Petersbourg est tout simplement originale (si l'on oublie celle de Moscou, qui lui est similaire en plusieurs points). Mais ce qui démarque celle de St-Pet est la mosaïque à l'intérieur qui couvre toute la surface visible! Donc, tous les murs sont couverts de petites dalles de pierres d'un pouce carré qui forment d'énormes fresques. A défaut de provoquer la foi chez moi, cette cathédrale suscitera en moi le respect des nombreux artistes qui ont mis la main à cette création fabuleuse.

La mosaïque

Le Sang-Versé

Je visite aussi le Musée national russe, où je découvre les peintres russes Aivazovzky, Roerich et Kundzhui.

Dans la lignée des conducteurs débiles en liberté, St-Petersbourg fait sa marque. Les Russes ravissent même le titre aux Italiens. Ils sont vraiment fous. Ils ne ralentissent pas pour les piétons, ceux-ci doivent s'enlever du chemin. Il faut dire qu'en Russie tout conducteur frappant un piéton marque 500 points en partant, 1000 points si c'est un touriste. Imaginez l'envie! Pour la première fois depuis le début de mon voyage, je peux soutenir mon affirmation en vous annonçant que j'ai été témoin d'un accident: trois morts, quatre blessés, cinq ambulances dépêchées sur les lieux, deux chiens et un chat écrasés! Bon OK, il n'y avait que de la tôle froissée et un peu de vitre brisée...

Mais parlant de transport, j'ai pris le métro. Celui-ci est si profond que j'ai mis deux minutes trente secondes avec l'escalateur pour descendre dans ses entrailles. Non, non, il n'y a pas d'exagération cette fois. Je crois que c'est l'un des plus profonds du monde, sinon le plus profond. Un passage coûte 12 roubles, soit 0,60$.

Le principal partenaire de mes découvertes de St-Petersbourg est Sander, un Néerlandais. Depuis le début de mon voyage, il est l'un de ceux avec qui j'ai passé le plus de temps. Il est vraiment sympatique et nous sommes sur la même longueur d'ondes. Je fais aussi la rencontre au cours de ma semaine de Arjang (Californien), de Mary et Aurelia (Canadiennes).

Sander

Arjang

Alors que je prépare mon départ samedi soir (25/11) pour Moscou, Sander m'accompagne à la station de train. Comme je ne trouve pas mon train, j'interroge un agent de bord pour lui demander des indications. C'est alors qu'il me fait remarquer que mon billet n'est valide que le lendemain! Une erreur de communication s'est produite à l'achat de mon billet. D'un air perplexe, je demande de mes meilleures gesticulations s'il y a moyen de remédier à la situation. Eh bien, rien de plus facile! Du naturel le plus assuré, il me fait signe que contre de l'argent je peux monter à bord!? Et on ne parle pas ici de passer par le service à la clientèle. Mon nouvel ami prend tout en main! J'hésite et recule devant l'offre, ne sachant pas dans quoi je m'embarque. Je décide de patienter une journée de plus avant mon départ.

Je reste sidéré du naturel de l'agent, Sander est aussi surpris que moi. Ce n'est sûrement pas sa première magouille. De toute façon, la soirée est bouclée. J'ai promis à Sander que j'irais prendre une bière avec lui.

Eh bien le résultat sera semblable à la semaine précédente! Puisque nous remettons les pieds au Fish Fabric. Nous faisons la rencontre de Guyana, une jeune Russe bilingue. Elle nous parle de son pays et nous invite à la suivre dans un club, ce que nous faisons. Pendant notre transition, à la sortie du bar, je tombe sur des Russes que j'ai rencontrés il y a six jours au Fish. Ils sont surpris et joyeux de me voir, ce sont eux qui m'ont reconnu. Ils m'invitent à partager un verre de mousseux avec eux avant que je poursuive mon chemin.

Nous passerons le reste de la soirée dans le club où Guyana nous emmène. Cette fois, je rentre à 7 heures du matin. C'est à ça que ressemblent mes soirées en Russie quand je sors prendre une bière.

(St-Petersbourg - 19 au 25 novembre 2006)

28 novembre 2006

Jean-Marc en Europe

De façon à rendre mon trajet plus visuel, voici une carte montrant les villes que j'ai visitées depuis mon départ de Montréal le 10 septembre. Merci à Yannick qui a préparé le tout, sans même que je le lui demande.

JM en Europe

Pour vous aider dans le temps, pensez que j'ai passé deux semaines et demie en France, deux semaines et demie en Italie, trois semaines chez Maxime et Zoé en Suisse (encore merci!), trois jours à Prague, trois jours à Cracovie, deux à Riga et deux à Tallin.

Mon séjour en Russie est amorcé. J'ai passé une semaine dans la très belle (mais pas plus belle que Prague) St-Petersbourg et je suis présentement (28/11) à Moscou depuis deux jours. Je quitte demain en prenant un train mystique, le transsibérien. Ce sera cinq jours de train sans arrêt avant ma première escale: Irkutsk en Sibérie. Après, je serai au pays de Mao et des innombrables Chinois.

Ne soyez pas surpris si ma prochaine chronique prend un certain temps avant d'être complétée, je serai à la recherche d'un clavier avec l'alphabet latin!

(Arrivée à Paris le 11 septembre et départ de St-Petersbourg le 25 novembre 2006)

26 novembre 2006

La route vers l'Est

Avant mon arrivée à St-Petersbourg, je fais plusieurs courts passages dans plusieurs villes. Après Prague en République Tchèque, je visite Cracovie en Pologne, Riga en Lettonie et Tallin en Estonie. Mes séjours sont courts et je dois parcourir de longs trajets, autant en bus qu'en train.

De plus, la grisaille se met de la partie et voilà plusieurs jours que je n'ai pas vu le soleil, comme s'il se cachait de moi. Il faut dire aussi que le temps progresse vers l'hiver et que la clarté se fait de plus en plus courte.

Mon premier arrêt est Cracovie depuis Prague. Cette ville est située dans la Malopolska (la petite Pologne... oui, j'ai eu une pensée pour Trois-Rivières et son quartier qui porte le même nom). Ma visite de la ville reste superficielle, en dehors du détour que je fais par Auschwitz que j'ai raconté plus tôt.

Cracovie

La ville est belle et l'ambiance est bonne. Je dois avouer que je n'ai vu que rapidement la cour intérieure du château Wawel.

L'église à l'intérieur de la fortification du château Wawel

Après la journée passée à Auschwitz, je vais prendre une bière et le souper avec trois Américains (Alaska et Californie) et un Canadien (Toronto). C'est toujours amusant d'entendre le point de vue des Américains sur leur propre pays et leur bouffon national: W leur président. Jeff de l'Alaska est cordial et à moitié démocrate et républicain. Il explique ça en disant qu'il n'aime pas la position américaine en matière de politique internationale et l'impopularité généralisée de nos voisins du Sud à l'étranger, de là son penchant pour les démocrates. Son penchant républicain lui vient de son besoin de posséder une arme à feu (gun freak). Comme quoi il y a un esprit cowboy chez plusieurs Américains. Hiiiihaa!!!

Un souper après notre journée à Auschwitz: Lito, JM, Cal, Jeff et Scott au premier plan

À Riga et Tallin, c'est un peu la même histoire, je ne visite pas beaucoup. Il faut dire que je suis dans une période où j'ai les blues. Rien pour me faire regretter mon voyage ou me faire rebrousser chemin, mais disons que je serais revenu passer une fin de semaine au Québec, question de faire le plein.

Riga by night

Dans le train de Cracovie jusqu'à Varsovie, alors que je pratique le russe (puisque j'apprends cette langue), il fallait voir la tête du Polonais à côté de moi alors que je prononce les premiers mots en russe. M'ayant reconnu pour un étranger de l'Ouest, il est resté très surpris de m'entendre balbutier quelques mots dans cette langue. J'aurais aimé prendre une photo, ça valait 100 piastres!

Ainsi à Riga, je rencontre George, John et Adam, trois Anglais en visite en Lettonie. Je dois dire que tout au long de mon voyage, je parle plus souvent anglais que n'importe quelle autre langue. Et pour ce qui est de l'accent britannique, je dois travailler fort parce que je le trouve plus difficile à comprendre que les accents nord-américains. D'autant plus que le vocabulaire utilisé est parfois différent. Ces différences me font penser aux difficultés que les Français ont parfois à comprendre notre "dialecte". Cheers!

George and John

C'est à Tallin que les blues me quittent! Je me rafraîchis dans la francophonie. Le soir de mon arrivée à l'auberge, je tombe sur Charlène (Française) et Clothilde (Belge). Reconnaissant mon accent québécois, elles m'invitent à me joindre à elles pour aller prendre un verre avec des amis.

Vivement la francophonie!!!

Je fais la rencontre de Caroline, Charlène (une autre), Clémentine, de Sophie-Charlotte, de Catherine et de Walter. Ils sont tous Français ou Belges. Qu'il fait bon de parler ma langue maternelle! D'autant plus que les filles se délectent de mon accent québécois. Elles iront jusqu'à me demander de laisser un message vocal à trois heures du matin pour une amie qui trippe sur l'accent ou d'enregistrer un vidéo pour un chum qui a la nostalgie du Québec depuis qu'il l'a quitté.

Pour ce qui est du bar, il est typiquement estonien. La bière y est servie au litre, rien de moins! Je fais entre autres la connaissance de Tonis, qui est là avec ses amis estoniens. Tonis m'en apprend sur l'Estonie et sa relation avec la Russie. Cette relation est plutôt tendue. Disons que les Estoniens ont encore sur le coeur la "libération" par les Soviètes pendant la Deuxième Grande guerre. En fait, cette libération aurait été un prétexte à l'occupation et plus tard à l'intégration forcée à l'URSS. Sans compter l'apprentissage de la langue russe comme langue seconde dans les écoles. Tonis se sent plus près culturellement des Finlandais ou des Allemands que des Russes.



Il a participé en 1989 à une chaîne humaine de 2 millions de personnes. Cette chaîne partait de Vilnius (Lituanie) et passait par Riga (Lettonie) avant de se rendre à Tallin (Estonie). Elle était longue de 600 Km. Il faut savoir que ces trois pays comptent une population de 7 millions de personnes seulement. La chaîne symbolisait l'union de ces trois nations dans un destin commun face aux différentes occupations vécues. L'idée d'une chaîne humaine aussi longue m'impressionne beaucoup!

JM et les Estoniens, Tonis est immédiatement à ma gauche

(Cracovie - 11 au 13 novembre)(Riga - 15 et 16 novembre)(Tallin - 17 et 18 novembre 2006)