16 septembre 2007

Météo Média et Bob Marley

J'ai une courte annonce à faire pour ceux qui ont du temps à perdre. Sachez que je soumets maintenant des photos pour Météo Média, le poste de télé. Ainsi, il se pourrait que vous trouviez certaines de mes photos, à la fois sur mon blog et à la télé!

Pourquoi Météo Média? Simplement parce que j'ai un ami qui y travaille (Yan pour ne pas le nommer). Il m'a fait la suggestion de faire suivre mes paysages dotés de nuages ou de ciel bleu sur le site de Météo Média. Vous me direz que si mes photos paraissent à la télé, c'est arrangé avec le gars des vues. Eh bien, à ça je vous répondrai: pour une fois que je le connais le gars des vues!

Bonne météo!

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Une chronique trop courte demande un peu de bourrage... Voici l'extrait d'une conversation que j'ai eue avec un jeune Khmer alors que je visitais le site d'Angkor Wat au Cambodge.

Jeune Khmer: Hi, what's your name?
Jean-Marc: Hi, my name is Bob Marley?
JK: Where do you come from, Bob?
JM: I come from Africa.
JK: Do you want to buy something from me, Bob?
JM: I'll take some water.

Vous me direz que j'ai abusé de la naïveté et du manque de connaissance du jeune garçon. En effet, je ne peux pas le nier. Mais, je vais ajouter que la prochaine fois que les enfants passeront à l'Halloween avec la petite boîte rouge de l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'enfance): donnez généreusement! Les enfants du monde (et surtout du Cambodge) ont besoin de votre soutien pour avoir une meilleure éducation ;-)

03 septembre 2007

Lima, Libido et Raquel

Ça fait déjà plusieurs jours que j'ai quitté Montréal. J'ai pris l'avion le 23 août pour Lima. Après deux escales et 10 heures de vol, je me retrouve dans la capitale du Pérou. L'ambiance est différente de ma chère Montréal, comme vous pouvez le deviner. Toutefois, le paysage de cette grande ville ne me dépayse pas trop. Une grande ville, ça reste une grande ville.

J'ai passé suffisamment de temps à Montréal pour me réhabituer au confort et à la facilité de ma culture. La proximité de tout le monde à Montréal, de mes amis, de ma famille a été le plus grand réconfort. Un lit, ça reste un lit. Où que je sois dans le monde, je peux en trouver un. Je ne peux pas dire la même chose de ma famille et de mes amis.

C'est donc avec un engouement différent que je partais pour cette seconde partie de mon voyage. Moins stressé et plus confiant, mais en même temps moins excité et un peu mélancolique de savoir ce qui me manquerait dans quelques mois, sinon avant. Ce que mon enthousiasme de l'an passé m'avait empêché de voir et d'écouter.

Toutefois, je dois avouer qu'une fois plongé dans l'ambiance hispanophone et dans cette autre culture, la piqûre du voyage me reprend. Le sentier du voyage reprend tout son sens quand je le suis.

Pour ce qui est de Lima, ce n'est pas une ville particulièrement intéressante. C'est grand, voire trop grand, dangereux (dépendamment des quartiers) et c'est gris, trop gris. De cette ville, c'est ce dernier point qui retient le plus mon attention. La ville est grise 24 heures sur 24. Il n'y a que de rares percées de soleil dans cet océan de smog. C'en est déprimant.

Toutefois, je profite de ma première semaine pour me taper un cours super-intensivo d'espagnol. En cinq jours, je fais trente heures d'espagnol. Comme ça fait un an et demi que je n'ai pas pratiqué, les mots ne veulent pas sortir de ma bouche et chaque phrase est une bataille avec ma mémoire. Ainsi, ces cours sont l'antidote contre mon mutisme hispanophone.

Mon prof est la jeune Thémis. Une jeune prodige qui est entrée à 14 ans à l'université, alors que la normale péruvienne est entre 16 et 18 ans pour l'entrée dans la grande académie. Elle parle d'ailleurs un très bon anglais, en plus du français et de l'italien qu'elle connaît. Vous voyez le genre. Ah, j'allais oublier, elle est de plus avocate et dispose d'un second diplôme universitaire en éducation.

Entre mes cours d'espagnol, j'en profite pour sortir avec Anny, une Péruvienne que je rencontre grâce au site Couch Surfing (www.couchsurfing.com). Elle m'invite à passer une soirée en compagnie de ses amis. On danse jusqu'à 4h00 du matin sur des airs de salsa. Le lever n'est pas facile le lendemain!

La dernier jour de mes cours d'espagnol, la propriétaire de l'école invite les étudiants à dîner au restaurant. Son chum se joint à nous et je discute avec lui pendant le repas. Dans l'auto, en retournant à l'école pour la dernière partie des cours, je demande (en espagnol) à Antonio (le chum en question):

- Qu'est-ce que tu fais dans la vie?
- Moi, je suis musicien.
- Ah, oui. Quel type de musique tu joues?
- Je joue du rock.
- Et t'as un groupe?
- Oui, il s'appelle Libido. Je suis le bassiste.

Et sa blonde d'ajouter: le groupe est très populaire. En fait, c'est l'un des groupes les plus populaires du Pérou. Antonio fait un mouvement vers le coffre à gants de l'auto pour en sortir quelques exemplaires du plus récent album du groupe. Il m'en laisse une copie.

Je reste surpris, le gars est vraiment chevere (cool en espagnol). Il ne s'enfle pas la tête avec sa popularité et reste sympathique. Plus tard, je parlerai de ma rencontre à quelques Péruviens qui resteront tous surpris de ma chance.

Le week-end suivant, je le passe chez Raquel, une autre Péruvienne que je rencontre grâce à Couch Surfing. Elle m'héberge pour le week-end et je suis entouré de sa mère Luz, de sa soeur Roxanna et de son amie Miriam. Le week-end est cool et relaxe. Je suis en pleine immersion hispanophone et je dois avouer que j'ai des moments où je sature. Mon cerveau n'arrive pas à traiter tout l'espagnol qui parvient à mes oreilles... Bon, une chose à la fois, je viens de me remettre à l'espagnol.

J'en profite pour leur montrer quelques jeux de cartes tels: Shithead, le beigne et la cuillère. Ça devait faire au moins dix ans que je n'avais pas joué à la cuillère! Et, si j'en profite pleinement pour pratiquer mon espagnol, Raquel et Miriam en profitent pour pratiquer leur français. Comme quoi, je ne suis pas le seul qui a le cerveau au travail.

Pour les remercier de m'avoir accueilli, pour le souper, c'est moi qui fais la bouffe. J'en profite pour faire une de mes (rares) spécialités: les coquilles au porc à la Juan Marco. C'est une recette originalement de ma mère. Je tiens à dévoiler mes sources, car je sais que plusieurs auront des doutes quant à mes capacités culinaires!

Le repas est un succès et je me fais d'emblée rebaptiser Puercolito (petit porc)! D'ailleurs le lundi venu, Miriam et Raquel en profiteront pour emporter les restants dans leur lunch.

Raquel

Miriam

Luz - La Mama de Raquel

Raquel et Juan Marco font la cuisine

Raquel se leche les doigts

Lima (23 août au 3 septembre 2007)

18 juillet 2007

Retour au Québec

Je suis arrivé à Montréal à 9h30 vendredi le 28 juin, après 9 mois et demi de voyage. J'avais un comité d'accueil pour m'attendre: ma mère Diane et son fiancé Albert, ma tante Aline, ma belle-soeur Natalie, mon neveu Nicolas (alors âgé de 6 semaines) et mes amis Yannick, Nathalie et Yan. Ça faisait chaud au coeur de revenir au Québec et d'être si bien accueilli. Ça faisait plus d'un mois que j'envisageais mon retour avec joie.

Mon expérience en Europe et en Asie a été à la hauteur de mes attentes. J'ai vécu une année extraordinaire, probablement la plus belle de toute ma vie, et malgré ça, je n'ai pu réprimer l'envie de revoir ma famille et mes amis. J'ai rencontré beaucoup de personnes avec qui je m'entends très bien, qui sont devenues des amis et avec qui je vais garder contact. Il reste que la famille et les amis de longue date, ça ne se remplace pas.

Mon arrivée à l'aéroport était accompagnée d'un sentiment étrange. Il faut dire qu'ayant terminé mon voyage en Inde et n'ayant pas aimé ce pays plus qu'il faut, je revenais au Québec avec un arrière-goût amer du dernier pays que j'ai visité. Par moments, l'Inde m'a exaspéré. Le bruit, la pauvreté, la saleté et les Indiens in-your-face qui pouvaient me coller à la peau comme des mouches ont eu raison de moi. À l'image de la Chine, l'Inde est un pays à la richesse culturelle phénoménale. Mais, tout comme en Chine, je n'ai pas su apprécier mon expérience pleinement. Ce ne sont pas des pays où je me suis senti exalté, loin de là.

Ceci dit, je ne regrette pas du tout d'être passé dans ces deux pays et d'ailleurs je ne les déconseille pas non plus. Ils étaient pour moi incontournables. Je ne pouvais pas éviter ces deux pays dans mon voyage autour du monde. Je me devais de visiter ces deux cultures titanesques. Maintenant, je sais à quoi ressemblent la Chine et l'Inde.

L'arrière-goût laissé par l'Inde n'était pas le seul facteur à créer ce sentiment étrange qui m'habitait. En fait, à mon retour j'ai été frappé par un choc culturel. Il faut comprendre que j'ai passé plus de six mois en Asie et qu'au cours de ces derniers mois ma perception du monde a changé en s'adaptant à l'environnement qui m'entourait. Si bien, que ma perception de la vie en général et de mon quotidien a été renversée progressivement au cours des derniers mois, sans que je ne m'en aperçoive trop.

À mon retour, c'est le Québec qui m'est apparu différent, parce que l'oeil avec lequel je le regardais s'est adapté à d'autres nuances au cours de la dernière année, à une autre réalité qui est aux antipodes de ce que l'on connaît ici. Tout était pour moi une source d'étonnement: le calme qui règne dans les rues et le manque d'agitation, l'ordre, l'organisation et les règles qui régissent notre société, l'absence de gens dans les rues à certaines heures du jour, la grandeur des espaces... Tout ce qui était normal pour moi avant mon départ est devenu une source d'étonnement.

Même si j'avais les deux pieds à Montréal, je me sentais encore en Asie. Joma était encore en Asie, il n'était pas encore revenu. Pendant les deux semaines qui ont suivi mon retour, je me sentais dans un no man's land. Joma était seul au milieu de nulle part. Peu à peu il a fini par quitter cet entre deux Asie-Québec pour permettre à Jean-Marc de réintégrer le Québec.

Si j'en parle tant, ce n'est pas pour exagérer le phénomène ou pour attirer la sympathie. C'est seulement pour démontrer que j'avais sous-estimé l'impact de mon retour.

Ma joie est grande d'être au Québec et de revoir tout mon monde. C'est d'autant plus une joie d'être ici qu'un nouveau venu dans la famille apporte un nouveau souffle à la vie, un peu comme l'a fait pour moi mon voyage.

Mon neveu Nicolas est venu me toucher au cours des dernières semaines. Il a fait vibrer ma corde familiale par ma fierté d'être oncle tout en me donnant le goût d'être père à mon tour. Si le voyage occupe une place importante dans ma vie, eh bien, la famille a une place tout aussi importante, sinon plus.

Dans quelques semaines, je prends la route de l'Amérique latine pour six mois. Ensuite, je vais m'installer en Australie à la recherche d'une job et d'une femme qui voudra bien d'un petit Nicolas!

Le comité d'accueil: Nathalie, Yannick, M'man, Albert, Nicolas, Natalie et Yan

Joma est de retour

Joma et sa maman

Joma et Nicolas