17 mars 2007

Mes derniers jours au Cambodge

De tout mon voyage, c'est au Cambodge que j'ai passé le plus de temps. Soit sept semaines. Je ne m'attendais pas à être autant marqué par ce pays. Il faut dire que la pauvreté et les événements rouges des années 70 ont eu un fort impact sur moi. J'ai senti le besoin d'exorciser cette impression en faisant du bénévolat et en m'informant sur les gens du pays.

Ainsi, je retourne à Phnom Penh pour une dernière fois. Deux questions de visa m'y retiennent pour 5 jours. L'extension de mon visa cambodgien est nécessaire pour quitter le pays, puisque j'ai dépassé le délai permis d'un mois. Et, l'obtention du visa laotien est obligatoire pour la prochaine étape de mon périple.

Je dois avouer que même si j'aime Phnom Penh, mon dernier séjour dans la capitale cambodgienne est trop long. J'ai besoin de passer à autre chose. Mais, je dois patienter dans les dédales de la bureaucratie internationale pour mettre mon passeport en règle et passer au Laos.

Une fois les questions techniques réglées, je prends le chemin de Kratié, sur la route du Laos. Ce qui m'attire là-bas, c'est la possibilité d'apercevoir les dauphins nager dans le Mékong, le fleuve mythique du Sud-Est asiatique.

Je prends une journée pour me déplacer en scooter, encore une fois, et je me rends au site où il est possible d'apercevoir les dauphins. Ceux-ci nagent en eau douce. Je les aperçois au mieux à quelques mètres du bateau. Mais, ils sont plutôt discrets et peu exubérants. Ils n'ont rien à voir avec Marineland. Je ne vois que leur dos ou une nageoire par-ci, par-là. L'expérience reste tout de même intéressante.

La campagne autour de Kratié

Apperçu du Mékong

Sur place, je fais la rencontre de Katharina (Polonaise), qui est sur la fin de son voyage autour du monde. On est sur le même bateau pour observer les dauphins. On passe une partie de la journée ensemble. Je la croiserai à plusieurs reprises au Cambodge et au Laos.

Après les dauphins de Kratié, je me dirige vers la ville de Banlung dans la province de Rattanakiri, in-the-middle-of-nowhere. D'ailleurs, le bus pour se rendre là-bas est complètement bondé. J'ai à côté de moi deux femmes qui partagent leur siège avec quatre enfants. Il ne reste pas beaucoup de place pour mes grandes jambes.

Pour se rendre à Banlung, on a plusieurs arrêts imprévus: moteur trop chaud, courroie sectionnée ou transmission défectueuse. Ce dernier problème est fatal et on doit attendre l'arrivée d'un autre bus qui va nous remorquer jusqu'à Banlung.

In-the-middle-of-nowhere

Banlung est en plein milieu de la jungle cambodgienne, un point de départ pour des randonnées un peu partout dans la province. Il y a un parc national à une cinquantaine de kilomètres, des chutes d'eau et un lac à proximité.

En ce qui me concerne, je prends un bicycle pour me rendre au lac en compagnie de Ludovic (Français que je croiserai à quelques reprises au Laos) et je loue un scooter pour me rendre aux chutes d'eau en compagnie de Clarisse (Anglaise-Autrichienne). Le scooter devient de plus en plus mon mode de déplacement de prédilection.

Clarisse

Les paysages sont beaux, autant les chutes que le lac ou les vues qu'offre la route. Toutefois, cette dernière est poussiéreuse et je saisis littéralement l'expression: mordre la poussière!

Les chutes

Another one bites the dust!

En revenant du lac, je me fais attraper par deux Cambodgiens qui m'invitent à prendre un coup. En une heure, j'ai consommé ce que je prends normalement en plusieurs heures. J'ai quitté les deux mecs plus joyeux qu'à mon arrivée. Heureusement, je n'avais que mon vélo à conduire.

Un chum de boisson

Parmi les réalités de Banlung, il n'en coûte que deux dollars (aussi dégradant que ça puisse être) pour que Monsieur déverse le flot de sa virilité chez une fille de joie. C'est un Cambodgien qui me l'a dit. Il voulait m'entraîner au bordel pour que je paie la soirée.

Je quitte Banlung un peu plus tôt que prévu pour rencontrer Marie-France (Québécoise) à Stung Treng. J'ai croisé Marie-France à Phnom Penh voilà une semaine ou deux et on envisage de faire un bout de chemin ensemble, puisqu'on a un itinéraire semblable.

Ainsi, à partir de Stung Treng on prend un taxi vers la frontière laotienne. Dans ce taxi, on fait la rencontre de Becky (Anglaise), Jody (Canadienne), Audrey (Française) et Pat (Anglais). On se rend tous à Don Det de l'autre côté des lignes.

En sortant du Cambodge, on est confronté à une petite arnaque. Les douaniers demandent un dollar pour étamper nos passeports, ce qui n'est pas réglementaire. Becky a la brillante idée de demander un reçu pour cet extra. Ce qui est suffisant pour les débouter et nous permettre de tracer notre chemin vers le poste laotien qui est situé à une centaine de mètres.

De ce côté aussi nous sommes confrontés à la même arnaque. Toutefois, la demande de reçu n'a pas d'impact et les douaniers laotiens sont plus coriaces et nous boudent lorsque nous refusons de payer. Ils nous laissent sécher sur place. Nous n'avons aucune alternative, on est pris entre deux frontières dans un no man's land. On finit par cracher le billet vert! C'est notre premier contact avec la mafia locale.

Je vous retrouve sur les plages de Don Det au milieu des 4000 îles du Mékong.

(Kratié - 8 au 10 mars 2007)(Banlung - 10 au 13 mars 2007)(Stung Treng - 13 et 14 mars 2007)

4 commentaires:

Anonyme a dit...

Hello mon beau Jean-Marc,
tout comme une vraie mère le dirait: Est-ce que tu manges assez? à part ça, je suis rassurée de te lire ce matin...et je comprends les moments de silence.
Ici, tout va pour le mieux. On aura un shower de bébé pour ton futur neveu demain soir.
Je t'aime et t'embrasse,
Mom XoXoXoXoXo

Anonyme a dit...

Salut Jean-Marc!

Fais-moi le plaisir de ne pas t'entêter quand ceux que tu appelles la mafia te réclament de l'argent, surtout quand c'est des bagatelles.
Décidément, à part la Chine au sujet de laquelle tu as émis un bémol, tu fais un voyage fantastique.
Tu le mérites amplement.

Ton père

Jean-Marc a dit...

Ne t'en fais pas P'Pa.
Mon appellation de mafia n'est que la caricature d'un abus de pouvoir.
Et, pour cette bagatelle j'ai été le premier a suggérer que nous passions a la caisse au plus tôt, avant de voir cette taxe de bienvenue augmenter au gré des douaniers.
De toute façon, des arnaques il y en a toujours. Mieux vaut une piasse que 300$!

Jean-Marc a dit...

Salut M'man,

Pour te répondre: oui je mange assez.
Je mange beaucoup de riz et de porc... mais ça bne fait pas de moi un gros porc.
Je m'excuse d'avance pour le jeu de mots douteux. C'était plus fort que moi.